Présentation

Ce blog explore à l’aide de la clinique de l’activité, de façon totalement indépendante, sans complaisance et sans ‘fil à la patte’, les stages dits « stages permis à points » à travers l’activité des animateurs. Travail d’exploration dont l’objectif est d’analyser l’activité de l’Animateur et in fine de repenser le programme des stages.

L’ancien programme (Arrêté du 25 juin 1992 du code de la route) avec ses qualités et ses défauts ayant été balayé par l’establishment sans aucune évaluation ni avant ni après a été remplacé par un nouveau programme, appelé vulgairement stage de « deuxième génération » (Arrêté du 26 juin 2012 du code de la route). Nouveau programme qui confronte les animateurs à une idéologie, une procédure digne d’une compétition sportive, à un galimatias qui  semble dire quelque chose mais qui ne dit rien, mais pour le dire avec Nietzsche qui sature l’esprit (Nietzsche 1993).

 

la carte n’est pas le territoire

 

Tel le gavage des oies, le programme des stages fait office de remplissage et donne une apparence de contenus. Contenus issus d’une représentation de la réalité qui s’appuie sur des modèles théoriques dont l’objectif serait : « la réhabilitation du conducteur. ». Cependant il faudrait être naïf pour confondre les modèles théoriques avec la réalité. Le modèle: de ‘modello’ figure à reproduire (dictionnaire historique de la langue Française) n’est qu’une réplique. Or ici, le modèle n’est pas isomorphe au système général, car le choix du niveau de modélisation dépend des objectifs du modélisateur. Ainsi le modèle n’est qu’une représentation réduite de la réalité et à ce titre il serait intellectuellement malhonnête de s’appuyer sur ces modèles théoriques pour légitimer une quelconque action de sensibilisation dans le cadre actuel. Les modèles théoriques présentés par l’Institut de Nevers (INSERR) ne sont ni isomorphes ni homomorphes, ils ne sont que des représentations partielles du système de base. Ces modèles sont des images qui reproduisent la perception du modélisateur, mais en aucun cas le réel. Non seulement les photographies d’un même objet seront différentes selon l’appareil photo et les photographes, mais il n’y aura pas de correspondance entre l’objet et la photographie. La carte n’est pas le territoire (Korzybski, 2001). Au demeurant pour brouiller les pistes on peut mélanger la réalité et le modèle mais cela s’appelle du cinéma. (Lussato, 1991).

Remettre les animateurs au travail !

 

Un des leitmotiv de l’establishment, est que les animateurs sont dans la routine, font toujours la même chose et qui parait-il d’après Laurence Weber (consultante psychologue, pour le compte de l’INSERR, au statut un peu flou) ce nouveau programme « remettrait les animateurs au travail », (déclaration du 7-12-2017 formation continue pour les animateurs). Comme si les animateurs ne l’étaient pas. Cette expression désobligeante reflète le caractère despotique d’une formation qui, au demeurant, pourrait être intéressante mais rendue inintéressante, infantilisante, voire pédante qui empêche justement le développement du travail, et laisse le métier en déshérence. Cependant ce n’est pas les animateurs qui ne sont pas au travail c’est que ce programme ne travaille pas les animateurs. Ce faisant, il ne faut pas confondre le travail avec sa dimension impersonnelle. Les animateurs sont travaillés par la dimension personnelle et subvertissent la dimension impersonnelle. Cependant cette dimension personnelle qui vient faire subversion, est confondue par Laurence Weber avec la paresse.  

Un semblant de formation continue

 

Dans ce blog,  la thèse centrale tourne autour de l’absence de réaction des animateurs, pris entre le marteau et l’enclume, qui ont subit entre autres, depuis 2006, les transformations d’un programme de formation en passant d’un programme de recyclage à un programme de réhabilitation du conducteur (Arrêté du 26 juin 2012 du code de la route) sans délibération, sans dispute professionnelle, sans controverse. Certains ont été subjugués par le discours, certains éliminés, d’autres se posent des questions. Conséquences, chacun individuellement s’est accommodé des programmes, souvent par des créations morbides d’autres par des ripostes créatrices malheureusement restées sous silence car l’expérience n’a pas le droit d’être évoquée et est confondue avec l’envie de ne pas vouloir faire. Or ce n’est certes pas la formation continue des animateurs qui pourrait jouer ce rôle de « remise au travail« , car elle n’a rien d’une formation continue puisqu’elle ne s’appuie justement pas sur l’expérience et, que toutes discussions sur un sujet ou un autre, ayant très de près ou de loin aux dysfonctionnements ou manière de faire dans les stages ou leurs organisations sont, rabrouées. Cette formation n’a rien de continue puisqu’elle écarte justement l’expérience générique commune, celle qui est constitutive du développement de l’activité. En même temps et c’est là l’objectif principal, ce blog se veut être un instrument pédagogique de l’action et un répondant collectif, autrement dit une riposte.

Un obstacle au réel

 

Pour Laurence Weber, (au statut proche du conflit d’intérêt) la riposte est confondue avec de la résistance, mais pour un Psychologue du travail la résistance c’est justement le répondant, la force de rappel. C’est justement quand les choses résistent que quelque chose se passe. Le bois qui sèche craque, se tord, il résiste à sa perte en eau. Il travaille justement en répondant par des craquements, car il s’adapte en recherchant en permanence son équilibre hygroscopique. Il s’adapte en se modifiant. Le charpentier le sait, c’est pourquoi il est à l’écoute des craquements du bois, c’est ce qui fait sa compétence. Le travail c’est le répondant. En son absence, le travail est au silence. Alors quand le réel se manifeste par la résistance qui prend la forme du silence, et que cette résistance est confondue avec une crise (formation continue décembre 2017), c’est que le réel fait obstacle à la maîtrise. Obstacle souvent détourné de manière assez perverse par manque de maîtrise et défensivement par une mise en place des mécanismes de culpabilité subjective.

Ce faisant, vouloir éviter ce qui pourrait être un conflit, c’est justement amoindrir la vitalité de l’action, le pouvoir d’agir. Quand un groupe ne fonctionne pas comme on voudrait qu’il fonctionne et, assimiler ce qui se passe à de la résistance c’est faire abstraction de ce qui laisse les gens sans voix.

C’est justement ce silence historique des animateurs et ses conséquences qui à été à l’origine de cette réflexion.

A suivre…

3 commentaires sur “Présentation

    1. le silence comme réponse est peut être intéressant, mais à force de ne rien dire ce sont ceux qui parlent qui finissent par être entendu ……………

  1. je viens de lire le n° 254 de la revue Formation et SR, numéro dédié à l’animation des stages et donnant la parole à qqs animateurs et renvoyant à ce site.
    Je suis très en accord avec ces réflexions et sur le défaut d’analyse des pratiques, ainsi que sur le caractère idéologique ayant prévalu à l’instauration de ces programmes. Cela m’ a également laissé sans voix quand j’ai constaté le déploiement des mêmes démarches concernant le programme de l’AT2 du Titre pro ECSR!! J’ai rédigé moi-même des analyses critiques de ces concepts sous-jacents et non maîtrisés, afin de réagir à leur intrusion dans les apprentissages professionnels.
    amicalement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *